Apres la Chine, qui n'aime pas trop les blogues, Hong Kong. Incroyable. Des grattes-ciels, du luxe, des ruelles sombres, des neons, Hong Kong est telle que je me l'imaginais, mais c'est quand meme un choc. Il faut dire qu'il y a quelques jours a peine, j'etais dans les montagnes du Nord du Pakistan, la ou l'electricite et l'eau courante sont plus rares que ne le sont les Rolls Royce ici. Je dormais tout habille dans mon sac de couchage pour eviter l'hypothermie, ici il fait si chaud que j'ai l'impression d'etre un robinet qui fuit. Exit le curry de chevre a 75 cents, je fais chauffer ma Visa avec des dim suns a 25$, avec vue sur le port s'il-vous-plait. Hong Kong est moderne, riche, tape-a-l'oeil, enivrante et un peu deconcertante; ici, meme la demesure est demesuree.
Mon premier contact avec la ville s'est fait dans le train qui m'amenait de Guanzhou (je ne sais toujours pas vraiment comment ca s'ecrit) jusqu'ici: je me suis fait payer des pintes par un vendeurs de pieces d'autos nigerian qui m'a raconte toute sa vie amoureuse. Ensuite, l'arrivee aux Chungking Mansions, ou sont concentres tous les hotels abordables. C'est un labyrinthe de bureaux de changes, de vendeurs de hasch, de restos indiens et d'immigrants africains. C'est louche, debauche, douteux, le plus pres dont je n'ai jamais ete d'une chanson de Tom Waits, "with all the rain dogs". Je retrouve d'ailleurs ici le sous-continent, il y a enormement d'indiens et de pakistanais dans les environs. Vous auriez du voir la face du premier vendeur de hasch (de toute evidence pakistanais) a qui j'ai dit, dans un urdu presque impeccable, "jee nae, bas bas !" (en gros: non, degage).
Hong Kong, c'est bien mais c'est cher. Je me ruine ! Il va falloir que j'explore les quartiers populaires, parce que dans le centre-ville, les pintes sont 10$. Et ici, je ne suis plus riche, je ne peux plus me permettre le meme niveau de vie qu'au Pakistan ! J'ai perdu toute mon aura de demi-dieu qui emanait l'occidentalite, la modernite, la richesse et la luxure: I'm back on the tourist track, et je ne suis plus qu'un backpacker pauvre, sale et mal habille. Les jeunes et les moins jeunes arrivent ici tous plus fashion et trendy les uns que les autres, ma garde-robe n'est pas tout a fait a la hauteur; je vais devoir aller vers le local pour du bon street food et de la biere pas chere, je dois abandonner mes reves de bons restos et de vins raffines.
Je pars demain pour Macao; je vais y passer au moins une journee, peut-etre deux si je decide d'aller a la plage. Je mets beaucoup d'espoir dans cette ville, qui selon ce qu'on en dit, me semble etre juste assez jolie, malfamee et coloniale pour me plaire. Mais le retour approche: j'ai mon billet d'avion pour Amsterdam (je vais passer quelques jours avec Gab, qui est a La Haye) pour le 15, toute bonne chose a une fin, et apparemment j'ai une these a ecrire, ou un truc dans le genre. Bon, juste d'y penser et je deprime, je vais aller manger des nouilles pour me remonter le moral.
Francois
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