Islamabad, c'est plate. Une grande ville qui a tout juste 50 ans, toute planifiee avec des grandes arteres, des espaces verts, des quartiers bien separes les uns des autres. Bel effort, mais le resultat est desolant: un etalement urbain incroyable, qui fait que peu importe ou je veux me rendre (a la banque, au resto, a la station de bus, etc.), je dois prendre un taxi, ca me prend au minimum 30 minutes et ca me coute a chaque fois entre 3$ et 5$ (faites-ca trois fois par jour, ca monte vite). Il n'y a franchement pas grand-chose a faire ou a voir, il fait chaud, et je m'emmerde. Mais pourquoi est-ce que je suis encore ici, alors ? Vous ne devinez pas ? Mais oui, les visas !
L'ambassade chinoise etait fermee jusqu'a jeudi pour un conge quelconque. Je me suis donc dirige vers l'ambassade jeudi matin, mais pas trop tot, en me disant que j'aurais bien le temps. C'etait sans compter sur le systeme d'acces a " l'enclave diplomatique " d'Islamabad, completement debile. On ne peut pas se rendre aux ambassades en taxi, en bus ou a pied, voyons ! Trop dangereux, je pourrais faire exploser mes sous-vetements devant l'ambassade de la Croatie ! On doit alloir se rendre (en taxi, bien sur !) a un terminal de navettes, ou l'on doit laisser toutes ses affaires a la consigne pour ensuite aller acheter un billet (assez cher, quand meme). Et puis la navette nous depose uniquement a l'ambassade pour laquelle on a un billet, pas question d'aller se balader tout seul. Evidemment, les navettes partent a toutes les heures (pas question d'etre efficace, dans cette ville); ajoutez a cela le 40 minutes de taxi pour se rendre au terminal, le 20 minutes de navette pour se rendre a l'ambassade, ben oui, je suis arrive en retard.
Je suis finalement aller deposer mon application de visa vendredi, en prenant soin de choisir l'option rapide pour ne pas m'eterniser ici. Mais l'option rapide me permet d'avoir mon visa apres une journee ouvrable, et le samedi et le dimanche ne sont evidemment pas des journees ouvrables. Je suis donc encore pris ici au moins jusqu'a demain, en esperant pouvoir attraper un bus pour le Nord apres avoir recuperer mon visa.
Je n'ai pas rien fait du tout depuis que je suis ici, mais les activites sont limitees. Mercredi, je suis alle visiter les sites de Taxila, qui temoignent de la presence bouddhiste dans la region au debut de notre ere. C'est la que s'est developpe le fameux art Ganddhara, qui syncretise les influences bouddhistes, hindouistes et hellenistiques (c'est vraiment superbe). Et puis hier, je suis alle faire un peu de randonnee dans les montagnes autour, rien de bien impressionnant mais j'avais besoin de me degourdir les jambes. Sinon, je frequente la jeunesse doree d'Islamabad dans des endroits hip and trendy comme le Domino's Pizza et le buffet chinois, ou je m'installe devant le festival Jackie Chan pour regarder des vieux films de kung-fu en buvant de la biere pas tres bonne. Vraiment excitant, quoi. Mais bon, normalement, je devrais pouvoir partir demain, enfin !
La ville semble plutot securitaire, mais on entend des coups de feu et ce qui semble etre des explosions (petites, rassurez-vous) a presque tous les soirs. Quand j'interroge les gens de l'hotel a ce sujet, ils me disent toujours "It's nothing, no danger !". Ok, no danger dans le sens de "C'est la police qui s'amuse, ils tirent dans les airs" ou no danger comme dans "Inquiete-toi pas, ils sont loins, les Talibans, au moins a un kilometre" ? Pas moyen de le savoir. Disons que je ferme mes rideaux le soir, juste au cas ou.
Bon, c'est tout, je m'en vais continuer cette journee surchagee. Au programme, passer a la banque et puis aller m'acheter un livre (il ne me reste presque rien a lire, tellement je m'amuse ici !), le tout en taxi, bien sur. Je suis deja plein d'enthousiasme, et je vous quitte la-dessus.
Francois
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